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Última actualización web: 04/12/2021

Introduction á la méthode du Social Dreaming Rapport sur les ateliers de Mauriburg. Raissa et Clarice Town.

Autor/autores: Claudio Neri
Fecha Publicación: 14/12/2010
Área temática: .
Tipo de trabajo: 

RESUMEN

El autor presenta los datos obtenidos en dos talleres realizados con la técnica de LAWRENCE del " Social dreaming ". En esas sesiones en lugar de concentrarse en el significado del sueño para el que sueña, se concentra la atención en su significado social. El social dreaming puede contribuir de manera considerable a comprender mejor ciertos modos de funcionamiento de un grupo, que de lo contrario quedan sin explorar en el contexto de la psicoterapia. El autor piensa que incluso en un medio grupoanalítico tradicional, el compartir el sueño de uno de sus miembros con la participación del resto antes de interpretarlo, puede contribuir considerablemente a la buena marcha de la terapia grupal.

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Vol.
1,
núm.
1Marzo
2002

Revista Internacional On-line / An International On-line Journal

Introduction á la méthode du Social Dreaming Rapport sur les ateliers de
Mauriburg. Raissa et Clarice Town.
Prof. Claudio Neri.
cav.darpino@melink.it

Resumen
El autor presenta los datos obtenidos en dos talleres realizados con la técnica de LAWRENCE del " Social
dreaming ". En esas sesiones en lugar de concentrarse en el significado del sueño para el que sueña, se
concentra la atención en su significado social. El social dreaming puede contribuir de manera considerable
a comprender mejor ciertos modos de funcionamiento de un grupo, que de lo contrario quedan sin
explorar en el contexto de la psicoterapia. El autor piensa que incluso en un medio grupoanalítico
tradicional, el compartir el sueño de uno de sus miembros con la participación del resto antes de
interpretarlo, puede contribuir considerablemente a la buena marcha de la terapia grupal.
Abstract
He authors present the results of two workshops he developed with the technique of "social dreaming"
first developed by Lawrence. Social dreaming concentrates in the social meaningof dreams rather than in
its personal significance. It helps to understand some group processes and could be of interest not just
for teaching activities but also for clinical purposes.
Résumé
Le but principal de cet article est de fournir quelques informations sur le Social Dreaming. Il s'agit d'une
technique de travail de groupe qui valorise l'apport que les rêves peuvent offrir à la compréhension non
pas du " monde intérieur " des rêveurs, mais du contexte social et institutionnel où ils vivent. Gordon
Lawrence (1998b), qui a découvert cette technique, affirme que les rêves contiennent des informations
fondamentales sur la situation dans laquelle les personnes vivent au moment où ils rêvent. Le Social
Dreaming ne veut pas mettre en question l'importance de l'approche de la psychanalyse classique aux
rêves, mais il met en relief leur dimension sociale.
Le deuxième but est de rapporter des expériences réalisées avec la technique du Social Dreaming et d'en
tirer des indications méthodologiques, théoriques et cliniques.
Le texte est divisé en brèves sections. Je fournirai tout d'abord des informations sur le cadre et sur
l'origine de la technique. Je parlerai de la manière dont elle est utilisée pour explorer et améliorer le
fonctionnement d'une institution ou d'une organisation. J'essaierai ensuite d'inscrire le Social Dreaming
dans un contexte historique. La dernière partie du texte est consacrée, comme je l'ai dit plus haut, à la
description de quelques expériences de travail.

Le cadre
Les séances de Social Dreaming durent en général une heure et demie. Chacune d'elles fait partie d'un
cycle qui peut être bref ou long. Il vaut mieux éviter une séance unique où l'on " risque le tout pour le
tout ", car un des aspects importants de cette méthode consiste dans le développement d'un processus.
Ce développement concerne tant la capacité des participants de fonctionner en groupe que les rêves.
Ceux-ci sont en effet liés les uns aux autres, car ils sont une réponse aux rêves racontés dans les séances
précédentes (Armstrong, 1998).
Comme je l'ai dit, en général le plan de travail adopté est dense : de trois à cinq séances, regroupées en
deux ou trois jours et entrecoupées d'une ou deux nuits. Durant ces nuits, de nouveaux rêves
apparaissent, qui se réfèrent le plus souvent au groupe et à la situation que vivent les participants.
D'autres plans de travail, moins denses que celui que j'ai indiqué, ont également été utilisés, tels que un
schéma qui prévoit une séance par semaine pendant quatre ou six mois. Quant à la documentation
relative à ces plans de travail, elle est encore assez limitée.
Les séances peuvent être conduites par un seul moniteur ou par une équipe restreinte. Cette décision

dépend des préférences personnelles du conducteur. Un facteur qui est souvent pris en compte est le
nombre de personnes qui forment le groupe. Avec les groupes particulièrement nombreux, on trouve le
plus souvent une équipe de deux/trois conducteurs. Il est préférable, en tout cas, que le groupe ne
dépasse pas trente ou trente-cinq participants.
Le conducteur et les participants sont assis, disséminés dans la pièce ou disposés suivant une ligne en
spirale. L'espace entre les personnes reste vide. Le fait que les participants ne soient pas assis en cercle comme c'est le cas habituellement dans les séances de psychothérapie de groupe - évite à chacun d'eux
de se trouver en face de tous les autres. Cela empêche donc à chaque participant d'être regardé et de
regarder les autres dans les yeux, ce qui assure également un plus grand respect de l'intimité de chacun
et un certain degré d'anonymat.
Le travail durant les séances peut commencer d'une manière quelconque : soit directement par le récit
d'un rêve, soit par l'intervention d'un participant, soit par une question directe au conducteur ou au
groupe. Il peut y avoir, mais aussi bien ne pas y avoir, un bref discours introductif pour communiquer des
informations fondamentales. Quoi qu'il en soit, les indications fournies au début de la première séance
doivent être limitées et concises. On peut aussi faire parvenir auparavant un texte écrit aux participants,
contenant des informations essentielles, pour qu'ils le lisent pendant la semaine qui précède le Social
Dreaming. Une autre possibilité consiste à faire une conférence avant d'entreprendre le travail
proprement dit.
Si le conducteur commence par une brève communication introductive, il expliquera que les participants
sont invités à partager leur rêves, à faire des associations avec les rêves qui sont racontés et à explorer,
le cas échéant, leur signification sociale. Gordon Lawrence (2001) commence chaque séance par une
formule d'ouverture bien précise : " La tâche principale est d'associer le plus librement possible à ses
propres rêves et à ceux des autres - quand ils émergent dans la matrice - afin de créer des liens et de
trouver des liaisons. Qui a le premier rêve? ".
J'examinerai la notion de matrice par la suite ; je désire à présent attirer l'attention sur l'indication que
les associations peuvent être fournies non seulement aux rêves de chacun, mais aussi à ceux des autres
participants. Cette indication suggère implicitement que les rêves ne doivent pas être considérés comme
une propriété privée du rêveur, mais plutôt comme quelque chose qui est partagé et mis en commun. Elle
établit en outre un rapport étroit entre les rêves, les associations et les pensées (les liens et les liaisons)
(Hahn, 1998).
Voici d'autres règles qui peuvent assurer un bon fonctionnement des séances : permettre à chaque
participant de parler pendant dix minutes au maximum, éviter de répondre à des questions qui sont
posées directement et prendre garde à ne pas s'engager dans une discussion avec une seule personne. Le
but de ces indications est d'ouvrir une discussion qui donne la possibilité de parler à tous, au lieu de
s'orienter vers un discours centré sur une personne ou limité à deux ou quelques personnes.
Le travail durant les séances
Je parlerai à présent du travail réalisé au cours des séances. En premier lieu, les rêves sont développés
au moyen des associations libres et de l'" amplification " émotionnelle et thématique des contenus. En se
référant au cadre psychanalytique traditionnel et au cadre de la psychothérapie de groupe, Gaburri (1992
et 2002) a mis en évidence que les associations libres sont stimulées non seulement par une ligne de
pensées ou par ce que disent les autres membres du groupe, mais aussi par l'atmosphère émotionnelle
qui est présente et, de manière plus générale, par ce qui est perçu comme étant présent dans la séance.
Cette observation s'applique également au Social Dreaming.
Les images, les rêves et les fantasmes sont ensuite reliés les uns aux autres, grâce à l'apport de tous les
participants. On met en lumière le fait que des rêves différents peuvent avoir des points communs ; on
met en évidence la séquence des rêves qui ont été racontés.
Un effet de la façon d'aborder le travail est le fait qu'une atmosphère onirique se produit durant les
séances. Autrement dit, au cours des séances de Social Dreaming les rêves sont rêvés une deuxième fois.
Il arrive parfois qu'un participant pense, en écoutant le rêve que raconte un des présents, qu'il aurait pu
le rêver lui-même. En suivant le récit des rêves, les présents se perdent et trouvent des possibilités
d'identification inédites. Je raconterai, à ce propos, une expérience qui a eu lieu au cours d'un Social
Dreaming auquel j'ai participé non comme conducteur, mais comme membre du groupe.
Une femme racontait un rêve centré sur le fait qu'elle était en train de préparer un sac pour partir en
voyage, ou simplement pour sortir de chez elle. Elle mettait dans le sac différents objets - un rouge à
lèvres, des bas - et les enlevait ensuite. Elle les remettait dans le sac, en variant quelques éléments. Elle
vérifiait que le sac fût bien fermé, puis mettait sa main dedans pour prendre quelque chose. Le récit du
rêve continuait avec de nouveaux détails. La participation de la rêveuse était de plus en plus grande. Par
ces petites variations, le résultat final qu'elle semblait vouloir atteindre était la mise au point d'un sac
idéal. Au fur et à mesure que je l'écoutais, mon impatience augmentait. Je pensais : " Encore !!!?
Toujours avec ce sac !? ". Puis je me suis souvenu de l'indication " reconnaître qu'un rêve raconté par un
autre participant pourrait avoir été rêvé par moi ". J'ai immédiatement ajusté ma perspective : " Il est
évident qu'étant un homme, cette préparation si précise ne m'intéresse nullement. Mais si j'étais une

femme ? ". J'ai fait un effort d'imagination : le fait de mettre et de sortir des objets du sac et de les
ranger de la meilleure manière possible m'a alors paru très important, fascinant et très intéressant.
Un aspect du travail, qui caractérise fortement le Social Dreaming, est la recherche des éléments sociaux
qui se dégagent des rêves. Il s'agit de comprendre si les rêves et les associations fournissent des
éléments utiles pour appréhender des aspects de l'environnement social et/ou de l'organisation dont les
participants font partie, et de mettre en relief les images et les autres éléments sociaux des rêves. Le
travail concernant cet aspect, de même que les autres, s'effectue toujours par l'identification de modèles
(patterns), et non par l'interprétation des contenus.
Le conducteur du groupe se charge de faire respecter les règles du cadre. Il laisse aux participants la
tâche d'associer, de trouver des significations et d'identifier les allégories et les symboles. Il intervient
pour faciliter le travail, mais ne propose pas d'interprétations relatives à la dynamique de groupe ou à la
formation de sous-groupes. Ses interventions sont toujours basées sur ce qui est évident. Dans les
premières séances notamment, leur but peut être d'expliquer aux participants le modèle du Social
Dreaming, qui est assez abstrait et dont la compréhension n'est pas immédiate. En général, les
interventions du conducteur renvoient aux rêves. Par exemple : " Peut-on contrôler ses rêves? " ou bien "
Les rêves viennent-ils tout seuls ? ". Dans certains cas, l'intervention peut viser à établir une liaison entre
un élément du rêve et l'ensemble du discours développé dans la séance ou dans la série de séances. Par
exemple, si un participant rêve des petits morceaux d'étoffe, le conducteur peut suggérer que ce sont des
apports qui s'ajoutent en formant un tout. Il s'agit en général d'" associations orientées ", car elles
correspondent à des fantasmes et à des pensées qui lui viennent à l'esprit en tant qu'associations, mais
qui visent en même temps à éclaircir un lien ou un aspect du fonctionnement du groupe. Le conducteur
peut stimuler occasionnellement un participant à ajouter une association à un rêve qu'il a raconté.
Parfois, il peut aussi demander d'une manière générale aux participants de fournir des associations au
sujet d'une image ou d'un mot déterminés qui sont apparus dans un rêve.
Je voudrais préciser, pour conclure, que j'ai décrit un certain nombre d'opérations et de moments qui
peuvent avoir lieu dans une séance de Social Dreaming, mais que chaque séance a un développement qui
lui est propre et qui peut ne pas comprendre toutes ces opérations.
Ce à quoi on ne s'intéresse pas
Le Social Dreaming ne peut pas avoir un but défini - thérapeutique ou autre. Tout objectif préétabli
fausserait et rendrait moins efficace le fonctionnement du travail, qui ne doit concerner que l'émergence
et la liaison des rêves, des fantasmes et des pensées entre eux. Ceci ne signifie pas pour autant qu'il n'y
a pas de retombées thérapeutiques ou autres en tant qu'effet secondaire (Armstrong, 1998 ; Danny,
2001).
Lawrence (2001a) affirme que, dans le Social Dreaming, l'attention se concentre sur les rêves et sur leurs
liaisons, et non pas sur les rêveurs et sur leurs relations.
Les rêves ne sont pas mis en rapport à l'enfance des personnes qui les racontent, ni à celle des autres
participants. Les rêves ne sont pas utilisés pour mettre en évidence les aspects psychopathologiques des
personnalités. Les rêves ne sont pas employés pour attirer l'attention sur la vie relationnelle personnelle
et privée des présents.
Au cours de la deuxième séance de l'atelier au Centre de psychanalyse de Mauriburg, un participant
raconte un rêve : " J'allais au club de voile. Un navire de guerre était amarré au ponton, tout près du
front de mer. Il y avait aussi çà et là des petits bateaux à voile et quelques bateaux de course ". Il
ajoute : " Ce n'était pas mon club, mais celui de mon père, situé en pleine ville. Même si ce n'est pas mon
club, je le connais bien parce que c'est celui où j'ai appris à faire de la voile ". Pendant qu'il parle, un
autre rêve - étroitement lié au premier - lui vient à l'esprit: " Je parlais au téléphone avec un ami, que je
ne vois pas depuis plusieurs années. Je lui disais : "Mais comment se fait-il que tu ne sois pas au courant
de ce qui se passe ?" ". Il précise : " Cet ami était mon partenaire dans les compétitions de voile ".
Si ce rêve avait été raconté dans une séance de psychanalyse, il aurait pu être mis en relation à l'enfance
du rêveur, et notamment à son rapport avec son père. On aurait même pu avancer l'hypothèse que le
rêve parle de deux aspects de la personnalité du rêveur, représentés par lui-même et par son ami. L'ami
aurait pu en outre être considéré comme un représentant d'un aspect éloigné de l'analyste personnel du
rêveur. On aurait aussi pu penser que le rêve contenait des références à la formation psychanalytique du
rêveur et à sa condition de stagiaire du centre.
Aucune de ces clés de lecture n'a été par contre employée dans l'atelier. Les associations des présents se
sont centrées sur l'image du navire de guerre. D'autres rêves ont été racontés avec des images
semblables. Il s'est ainsi créé une sorte de mosaïque d'images et d'associations qui montrait, dans
l'ensemble, comment les présents avaient enregistré l'impact de la guerre en Afghanistan sur leur vie
quotidienne. La guerre avait en effet commencé à l'époque où avait lieu l'atelier.
Matrice

Le Social Dreaming date du début des années 80. A cette époque, Gordon Lawrence faisait partie du
personnel scientifique du Tavistock Institute of Human Relations. En tant que co-directeur du Programme
des Relations de Groupe de l'Institut, il développe une approche au groupe centrée sur le concept de "
relationnalité " (" relatedness "). Il entend par ce concept la manière dont l'expérience et le
comportement d'un individu reflètent et sont mis en forme par des fantasmes, des idées, des idéologies
conscients et inconscients du groupe ou de l'organisation qui sont présents dans son esprit. Avec Patricia
Daniel, il élabore ensuite l'idée d'" un groupe de personnes qui rêvent socialement ". En 1982 a lieu la
première expérience, appelée simplement: " Projet de Social Dreaming et créativité ". Elle dure huit
semaines, au rythme d'une séance par semaine . Les participants sont au nombre de treize : ils sont issus
de milieux professionnels différents, mais la plupart a une certaine familiarité avec l'approche de l'Institut
Tavistock. Les séances sont appelées " Matrices de Social Dreaming ".
Gordon Lawrence (2001) emploie le mot " matrice " pour indiquer aussi bien " une séance (où les
participants fournissent des rêves et des associations) " que, de manière plus générale, " un lieu d'où naît
quelque chose ".
Il utilise le terme " matrice " dans de nombreuses circonstances où les autres conducteurs emploieraient
plutôt le mot " groupe ". A son avis, ce dernier évoque trop l'idée d'un certain nombre de personnes
réunies dans une pièce, alors qu'il désire plutôt attirer l'attention sur ce qui existe entre les personnes,
qui est alimenté par leur présence et stimule à son tour des fantasmes, des pensées, des rêves. Le terme
" groupe " évoque en outre les " Dynamiques de groupe ", alors que Lawrence propose de les laisser de
côté pour se concentrer sur le fait que faire partie d'une " matrice " stimule la capacité de rêver et de se
mettre en relation.
Lawrence tire la notion de " matrice " de Foulkes (1964). Celui-ci part de l'idée que le groupe est un tout,
un organisme vivant avec ses propres humeurs et réactions, qui possède un esprit caractéristique et
génère des atmosphères et des climats affectifs particuliers. En se référant à cette idée de groupe,
Foulkes décrit la matrice comme quelque chose qui est commun à tous les membres et qui concerne non
seulement la dimension des relations interpersonnelles, mais aussi et surtout les dimensions
transpersonnelle et suprapersonnelle. De cette définition de matrice découlent ses fonctions les plus
importantes. Toutes les communications verbales ou non verbales se rapportent à la matrice. C'est de la
matrice que dépendent la signification et l'importance de ce qui a lieu dans le groupe.
Lawrence se différencie en partie de Foulkes dans la mesure où il attire l'attention sur la matrice en tant
que " biosphère " (un réseau qui relie tous les êtres vivants) et organe germinatif (Vernadskij, 1929)
Le concept de matrice est, à mon avis, d'une grande utilité sur le plan clinique. Je suis inquiet, cependant,
parce qu'il se prête à être utilisé à la fois dans un sens très concret (comme quelque chose qui existe
vraiment et non pas comme un concept) et dans un sens très métaphysique (comme quelque chose qui a
une existence indépendante des individus qui forment le groupe). Un dérapage de la notion dans cette
direction rendrait son emploi un obstacle plus qu'une aide à la compréhension et à l'étude des relations
articulées entre les individus et le groupe dont ils font partie.
Le Social Dreaming dans les organisations et dans les associations professionnelles
Après ces précisions, j'en reviens maintenant à la naissance du Social Dreaming et à son évolution.
Après les premières expériences au Tavistock Institute of Human Relations, Lawrence et d'autres
chercheurs ont petit à petit développé l'idée que pour mieux comprendre les institutions, il fallait aussi
prendre en considération la vie onirique des personnes qui en font partie. Ils ont donc employé la
technique du Social Dreaming dans des situations différentes : services de conseil aux entreprises, stages
de recyclage, congrès.
Une première idée qui sous-tend l'emploi du Social Dreaming dans ces domaines est le rêve comme "
contenant ". A certains moments de la vie d'une organisation, les tensions et les conflits peuvent
atteindre un point culminant. Des efforts importants sont alors déployés pour essayer de trouver des "
réponses ", alors qu'il pourrait être plus profitable de permettre aux " questions " présentes au sein de
l'institution de se développer. Pour ce faire, il faut disposer d'un contenant adéquat où les questions
peuvent se développer, en permettant aux individus de se mettre en relation avec elles et de les élaborer.
Les rêves peuvent être ce contenant et le Social Dreaming la technique appropriée (Tatham et Morgan,
1998 ; Ambrosiano, 2001).
Une deuxième idée fondamentale concerne l'existence de plusieurs niveaux dans la vie sociale et mentale
des institutions, dont celui du rêve. La vie des institutions, des organisations et des associations
professionnelles peut être représentée comme étant divisée en trois niveaux. Le premier niveau
comprend le travail pratique, administratif et bureaucratique ; le deuxième se rapporte aux idéaux et aux
théories ; le troisième est lié à la vie fantasmatique et onirique. L'existence du niveau de la vie
fantasmatique et onirique favorise, par exemple, la possibilité de plaisanter avec les camarades de travail
et d'éprouver du plaisir pendant qu'on travaille . L'existence de ce niveau permet de prendre en
considération ce qui a lieu dans l'institution avec sérieux, mais également avec une certaine légèreté. Le
niveau (ou dimension) de la vie de l'organisation, en tant que " lieu " où l'on rêve (et où l'organisation est
constamment rêvée), est souvent insuffisant et inadéquat. Cette inadéquation du niveau onirique creuse
un fossé entre le niveau pratique de l'organisation et le niveau idéal-visionnaire, au détriment des deux.

La méthode du Social Dreaming permet de concentrer l'attention sur les rêves et active le niveau onirique
qui devrait être présent dans toute organisation (Lawrence, 1998).
Une autre idée fondamentale, qui sous-tend l'emploi du Social Dreaming dans le travail au sein des
organisations et des associations, a trait aux conflits qui peuvent affecter la vie de ces institutions. Il ne
s'agit pas vraiment d'une idée, mais d'une série de réflexions, dont la plus importante est liée aux
concepts d'" uni-vers " et de " multi-vers ".
Dans un " groupe institutionnel " engagé dans des questions de pouvoir (réelles ou fantasmatiques), les
personnes et les sous-groupes en conflit cherchent à contrôler la manière dont les autres doivent ou
devraient penser et se comporter, en essayant de les convaincre ou de les obliger de différentes façons.
Ce faisant, ils se réfèrent à un "uni-vers" de sens et de significations. C'est dans cet " uni-vers " qu'il
devient important d'établir qui a raison et qui a tort.
Le Social Dreaming n'aide pas à " se comprendre l'un l'autre ", mais à " comprendre ", c'est-à-dire à voir
le même rêve (ou la même question) sous des perspectives qui peuvent être différentes, voire même
opposées. Ceci est possible lorsqu'on a dans l'esprit non pas un " uni-vers ", mais un " multi-vers ". Selon
l'approche suggérée par Lawrence, les rêves ont tous le même droit de voir le jour et d'être considérés
comme vrais. Cette expérience est un élément essentiel de la tolérance (Arendt, 1968 ; Arendt et
Heidegger, 1998 ; Ettinger, 1995 ; Safranski, 1994 ; Lawrence, 2001 ; Kaës, 2002).
A la troisième séance de l'atelier de Mauriburg, un nouveau participant se présente et commence aussitôt
à contester la méthode. Il se proclame un excellent interprète des rêves. Puis il attaque directement le
conducteur, en affirmant que ce qu'il dit est insignifiant. Les autres membres du groupe sont irrités et
cherchent à s'opposer. Le seul résultat est que le ton de la discussion monte. La séance s'achève dans
cette atmosphère. Au cours de brefs échanges informels au terme de la séance, quelques participants
soulignent que cette personne a déjà eu un comportement semblable dans de nombreux séminaires et
rencontres scientifiques organisés au Centre. La quatrième séance a lieu le matin suivant. Le participant "
perturbateur " ne se présente pas. L'atmosphère est détendue. Quelqu'un propose d'imaginer le rêve qu'il
aurait porté s'il avait rêvé et s'il était venu à la séance. Plusieurs participants racontent leurs fantasmes et
leurs rêves. Le tableau d'ensemble laisse entrevoir non pas un rêve, mais un idéal que le participant
absent aurait pu communiquer. Cet idéal, loin d'être subversif ou provocateur, est au contraire l'idéal
d'une Psychanalyse immobile et d'une Société psychanalytique structurée de manière fortement
hiérarchique et pyramidale. Après avoir laissé la place à l'hypothétique rêve-idéal du " participant absent
", plusieurs membres du groupe expriment leur sympathie pour cette personne à l'égard de laquelle ils
éprouvaient auparavant une grande colère. Certains espèrent qu'il participera à toutes les séances d'un
futur Social Dreaming.
Le Social Dreaming a permis de voir l'épisode, dont le collègue a été protagoniste, plus en termes de rêve
ou d'idéal qu'en termes de rôle, de conflits interpersonnels, de sous-groupes ou d'une définition
quelconque de la psychopathologie. La façon de penser " divergente " du collègue a été acceptée, du
moins en partie. Gordon Lawrence (2001) qualifie ce changement d'optique de passage du " vertex
d'OEdipe " au " vertex du Sphinx " (Bion, 1963).
Autres emplois possibles
La technique du Social Dreaming est née dans une institution (l'Institut Tavistock) et jusqu'ici elle a été
surtout appliquée dans le travail avec des organisations (groupes structurés ayant des objectifs définis :
de travail, d'étude ou autres). Je pense toutefois que le Social Dreaming peut s'avérer utile également
avec des groupes formés par des personnes qui ne se connaissent pas ou qui se connaissent très peu.
Dans ce cas, l'environnement commun est représenté par le fait de partager le même contexte social,
avec l'ampleur et la diversification qui en découle (Beradt, 1966).
Dans certains cas les personnes, même si elles ne font pas partie de la même organisation ou institution,
ont quelque chose de très important en commun. Un exemple est fourni par les nombreux habitants de
New York traumatisés par l'attaque et l'effondrement des Tours jumelles du World Trade Center. Un autre
exemple est celui des personnes soumises à un harcèlement sur le lieu de travail (mobbing). Dans ces
cas, la technique du Social Dreaming peut s'avérer utile car il s'agit d'une pratique à la limite entre " le
thérapeutique " et le " non entièrement thérapeutique " et parce qu'il offre la possibilité de raconter et de
partager les événements non comme " faits de la réalité ", mais comme " rêves qui parlent de la réalité ".
Un autre exemple encore de personnes pour lesquelles la technique du Social Dreaming pourrait être utile
est celui des hommes et des femmes qui ont émigré et qui vivent dans un pays qui n'est pas leur pays
d'origine. Les émigrants ont perdu le monde qui leur était familier et doivent s'efforcer de construire une
image du nouveau contexte social où ils vivent. Rêver et partager les rêves peut les aider à construire
l'image de cette réalité. Le rêve est en effet une sorte d'interface entre l'individu et la réalité sociale.
Mon expérience se limite au travail avec les institutions et les associations professionnelles. J'ai
remarqué, après quelque temps, que la participation au Social Dreaming avait pour effet de faire émerger
chez les membres de ces institutions une sensation de fraîcheur et de plus grande intimité. Les personnes
avaient retrouvé, ne serait-ce que momentanément, un sentiment d'intégralité et d'être étroitement liées.

Un autre effet de la participation au Social Dreaming était une capacité accrue de s'enthousiasmer pour
des projets communs et une plus grande disponibilité à exprimer des sentiments de reconnaissance et
d'accueil chaleureux vis-à-vis des efforts des autres. Il m'a semblé que ces changements positifs
pouvaient être mis en relation avec certains aspects de l'expérience du Social Dreaming. Lorsqu'une
personne raconte un rêve au cours d'une séance de Social Dreaming et qu'un autre participant le
recueille, en proposant ses propres associations, ou montre simplement - par une expression mimique ou
un mouvement du corps - qu'il y a une résonance, cette personne éprouve une sensation de réalité et de
partage. Durant les séances, les personnes sont entrées en contact les unes avec les autres à un niveau
intime et touchant, quoiqu'obscur. Je dis " obscur " non pas dans le sens de " ténébreux ", mais plutôt
d'une condition générative, enveloppée dans une inconscience plus ou moins totale. Ce contact, bien
qu'obscur, n'a pas été massif et n'a pas été non plus une intrusion : il s'est agi de la rencontre d'esprits
qui rêvent ensemble, de personnes qui font l'expérience de la légèreté partagée de demeurer ensemble
dans la pensée associative.
Ces résultats m'amènent à penser que la technique du Social Dreaming pourrait être expérimentée dans
des situations autres que celles d'une institution -comme je l'ai dit plus haut, avec des personnes
traumatisées ou avec des émigrants - en introduisant éventuellement des variations du cadre : par
exemple, en tenant une séance par semaine pendant quelques mois.
Aperçu historique
Lawrence affirme que le Social Dreaming a un long passé et une brève histoire actuelle. Il n'y a rien de
nouveau dans la constitution du matériel du Social Dreaming - rêves et associations libres -, mais il y a
quelque chose de vraiment révolutionnaire dans la méthode et dans le champ d'application. Le lien étroit
établi entre le rêve et l'individu qui l'a rêvé a laissé dans l'ombre, pendant des siècles, les fonctions
communicatives du rêve pour les groupes ou pour les communautés. Dans la perspective actuelle, il y a
sans doute lieu de récupérer cette ancienne approche au rêve (Selvaggi, 2001).
Dans de nombreuses cultures tribales et dans les civilisations très anciennes, les rêves - de même que les
mythes - étaient racontés et discutés dans des réunions collectives prévues à cet effet. Du moment que,
sur le plan symbolique et du langage, les membres du groupe tribal partageaient un grand nombre
d'éléments, ils étaient en mesure de " lire " en grande partie la signification d'un rêve, d'un récit ou d'une
histoire traditionnelle. L'intervention de leurs " spécialistes " (qui étaient avant tout des spécialistes des
rituels) visait à accentuer, éclairer, compléter et élaborer le récit des rêves à travers la résonance
poétique, plutôt qu'à " dés-enchanter " ce récit par des interprétations et des prophéties.
Les échanges oniriques facilitaient la mise en relation et l'ajustement de la communication entre les
membres du groupe. Ceci s'avérait particulièrement utile et avantageux dans les secteurs de la vie
communautaire où la coopération et l'interdépendance devaient avoir lieu sans heurts, de manière
harmonieuse et rapide. Par exemple, pour chasser et lutter, il est nécessaire d'agir comme une unité et
d'avoir confiance dans ses camarades. Durant ces actions, en effet, les membres de la tribu confient leur
vie les uns aux autres. Ces activités exigent donc la capacité d'agir de manière synchrone et
complémentaire, qui peut être favorisée par un ajustement de la communication et de la relation à
travers le récit et le partage des rêves.
Dans le monde urbanisé de la Méditerranée classique - Mésopotamie, Egypte, Israël, Grèce -, le recours
au rêve s'est progressivement orienté vers d'autres objectifs que ceux que j'ai décrits. Les rêves sont
devenus des messages par images. Le langage onirique, autrefois transparent et capable d'influer sur le
vécu partagé, devient plus obscur. Le rêve est porteur d'une communication riche en significations qui,
pour être comprise, a besoin de l'interprétation. Les rêves ne sont plus un instrument d'harmonisation
inconsciente à l'intérieur d'un groupe, mais ils révèlent plutôt quelque chose sur le destin d'un rêveur
déterminé.
Au IIe siècle après Jésus-Christ, Artémidore d'Ephèse - de même que Freud plusieurs siècles plus tard écrit un livre sur l'interprétation des rêves. Tant Artémidore que Freud développent des hypothèses qui
conduisent à une " approche individuelle " aux rêves. Ils partagent en outre l'idée qu'il existe une
séparation entre ce qui est inconscient et ce qui est conscient. Leur approche requiert un expert capable
de déchiffrer la signification que la condensation et le déplacement ont chiffrée. Les experts de
l'interprétation des rêves doivent également savoir comment identifier le reste diurne, qui revêt une
grande importance dans les procédures d'interprétation. En parlant du reste diurne, Artémidore affirme
qu'un homme ne rêve pas de choses auxquelles il n'a jamais pensé. Enfin, Artémidore et Freud
privilégient les rêves allégoriques qui contiennent des images disposées sur plusieurs niveaux (Murray,
1999 ; Wilson de Armas, 1993).
Freud a mis les rêves au centre du projet scientifique de la psychanalyse. Les rêves sont surtout
considérés sur la base des interprétations qui permettent de comprendre leur signification. Des notions
telles que " censure " et " déplacement " sont développées par Freud pour expliquer les processus
impliqués dans le fait de rêver, de se souvenir des rêves et de les oublier. Grâce à cet effort
extraordinaire, le récit et l'interprétation des rêves sont devenus des aspects importants du travail
psychanalytique.

Au fil du temps, d'éminents psychanalystes ont développé la théorie de Freud et attiré l'attention sur un
certain nombre d'aspects dont il n'avait pas tellement tenu compte.
Plusieurs psychanalystes ont commencé à considérer les rêves non pas comme des présentations
faussées des désirs du rêveur, mais plutôt comme des représentations véridiques de ses sentiments,
désirs, fantasmes et pensées. On a dit également que certains rêves fournissent un aperçu (insight) sur
un aspect déterminé de la personnalité du rêveur et sur ce qu'il vit à cet instant de sa vie. On a en outre
souligné l'importance que les sentiments et les pensées contenus dans les rêves peuvent avoir pour sa vie
affective.
Certains psychanalystes pensent que les rêves fournissent des informations importantes sur les craintes,
les espoirs, les idéaux présents dans l'environnement social où vit la personne qui rêve. En partant de
cette perspective, un certain nombre de psychanalystes italiens - Riolo (1982), Corrao (1986), Vallino
Macciò (1992), Ferro (1996), Correale (2001) - considère le rêve comme l'expression d'une situation
déterminée (ou d'un " champ " déterminé). Ces psychanalystes pensent en outre que le rêve acquiert un
sens lorsqu'il est placé dans cette situation (ou " champ ").
Cette manière d'appréhender le rêve est assez proche d'une perspective qui - tout comme le Social
Dreaming - le considère non seulement comme l'expression de désirs et de fantasmes, mais aussi comme
la " représentation particulière " du point de vue d'un individu sur la communauté où il vit et les
organisations dont il fait partie.
Atelier de Raissa
J'ai déjà mentionné à plusieurs reprises l'atelier de Mauriburg, je n'y reviendrai donc pas. Je voudrais, par
contre, parler brièvement des ateliers de Raissa et de Clarice Town. Dans les deux cas, les participants
appartenaient à des associations professionnelles. Dans le premier, cependant, le contexte social
représenté dans les rêves et pris en considération durant les séances était moins l'association que le
contexte social et politique dans son ensemble.
L'atelier de Raissa comptait trente-cinq participants : psychiatres, psychologues et assistants sociaux. Ils
étaient pour la plupart Juifs-Israéliens et quatre étaient Arabes-Israéliens. Ils appartenaient tous à une
association qui encourage le dialogue entre les groupes et les communautés en conflit : Israéliens et
Palestiniens, Juifs et Arabes, Juifs laïques et religieux, etc. J'ai assuré la conduction de l'atelier en
collaboration avec un collègue israélien.
L'association elle-même est un groupe très conflictuel : ses membres sont divisés politiquement entre la
droite et la gauche. Après l'assassinat du premier ministre Rabin par un activiste de droite, cette division
est devenue plus nette et presque irréductible. Les participants " de droite " et de " gauche " ont des
opinions très différentes sur un grand nombre de problèmes importants, tels que le processus de paix
avec les Palestiniens et l'avenir des colons des implantations juives dans les territoires de l'Autorité
palestinienne. L'Intifada et les récentes attaques de kamikazes contre des supermarchés, des gares
d'autocars et des restaurants ont enflammé les sentiments de tous les présents. La guerre ou guérilla ("
Intifada ") en cours entre Palestiniens et Israéliens a été en fait le thème central du Social Dreaming.
Au début de la première séance, je suis intervenu brièvement pour présenter la technique. La séance a
été caractérisée par une série très rapide et presque frénétique de récits de rêves. Le récit d'un rêve était
immédiatement suivi d'un autre, avec un rythme de plus en plus rapide et une intensité émotive de plus
en plus grande. A première vue, on aurait pu croire que chaque participant était isolé en lui-même et qu'il
était mû uniquement par l'urgence de communiquer, à travers le récit des rêves, des émotions et des
fantasmes trop comprimés et retenus jusque-là. On aurait pu penser que les participants ne parvenaient
pas à associer par rapport aux rêves des autres et qu'ils ne pouvaient porter au groupe que leur propre
rêve ou cauchemar. Mais, petit à petit, il est devenu de plus en plus clair que les rêves racontés étaient
eux-mêmes des associations et/ou des élaborations des rêves présentés auparavant durant la séance.
Des thèmes communs se sont présentés avec une force surprenante et ont paru très évidents à tous les
présents.
Ces thèmes étaient centrés sur le sentiment d'être perdus et de ne pas être sûrs de la voie à suivre, sur
le fantasme d'être abandonnés par leurs parents et par des personnes dotées d'autorité, et sur un vécu
de culpabilité notamment vis-à-vis de leurs propres enfants. Voici, à titre d'exemple, un rêve qui montre
qu'une participante se sent coupable à cause du temps et de l'énergie qu'elle consacre à l'association où
elle travaille comme bénévole plutôt qu'a sa fille.
Ma fille est en train d'acheter des vêtements au centre commercial de Robinia. La femme qui gère le
magasin prend 380 shekels de son porte-monnaie et les donne à une oeuvre de bienfaisance. Ma fille est
très fâchée : elle veut que la gérante lui rende son argent. Celle-ci lui dit que pour le récupérer, elle doit
s'adresser soit au " Centre de la Gauche ", soit à l'" Ecole religieuse " de la ville.
Le thème commun suivant est présenté à travers une série de rêves centrés sur les meurtres, les
menaces et le danger, le désir de vengeance, le sentiment de honte.
Comme je l'ai dit plus haut, les participants sont politiquement alignés à droite ou à gauche. La première

séance leur a permis de mettre en lumière et d'expérimenter l'existence d'une expérience affective
commune. Cette expérience de base était révélée par la similitude des rêves qui faisaient abstraction de
la division droite-gauche. Ensuite, dans la deuxième séance, les participants ont engagé un dialogue qui a
donné lieu à un intense et passionnant examen d'eux-mêmes et de leurs positions politiques.
La troisième séance était plus centrée sur l'organisation proprement dite. C'est là que des désaccords plus
marqués ont surgi, que la colère s'est exprimée avec plus d'intensité, que les rôles de certains
participants au sein de l'institution ont été mis en question.
J'exposerai maintenant quelques considérations générales sur l'atelier. Ce sont pour la plupart des
considérations à posteriori. Je n'ai en effet présenté aux participants du Social Dreaming que celles qui
étaient plus directement liées aux rêves et que je pouvais exprimer sous la forme d'une association de ma
part et non pas d'une explication.
1. Dans le discours " conscient " (ou " diurne ") des participants, la division entre Palestiniens et
Israéliens était présentée comme quelque chose d'évident. Il était clair pour tous que les Israéliens et les
Palestiniens étaient engagés dans un conflit, voire même dans une véritable guerre. Des opinions
différentes étaient exprimées sur comment gérer et " se confronter " à ce conflit, mais uniquement sur
ceci. Personne ne mettait en question le fait qu'il y avait un conflit et une séparation, que les Israéliens et
les Palestiniens constituaient deux fronts nettement opposés.
Dans les rêves, par contre, les Palestiniens apparaissaient non seulement comme des ennemis, mais
aussi comme des enfants, des serviteurs, des personnes qui aident, des gens humiliés et opprimés, et
bien d'autres choses encore. Abraham Yehoshua (1977) décrit de manière remarquable, dans un certain
nombre de romans, ces proximités, ces mixités et ces échanges intimes. Une participante raconte, par
exemple, un rêve où un Palestinien était un Génie. Elle l'avalait et entamait un processus qui la conduisait
vers une transformation. " De ma bouche sortait un terrible Génie. Je luttais contre lui, puis je le
mangeais ".
2. Le thème des nazis et de l'holocauste sont présents dans les rêves, mais le drame central que
partagent les participants de l'atelier est le conflit entre Israéliens et Palestiniens. Le conflit actuel se
superpose et se confond avec le souvenir terrible, avec le mythe et avec tout le recueil de sentiments et
de fantasmes de la persécution nazie. Le souvenir de l'Holocauste oriente également les présents vers
une identification forte et conflictuelle avec le peuple palestinien.
3. Le temps représenté dans les rêves - de nombreux rêves sont, en effet, plus des cauchemars que des
véritables rêves - est un temps qui ne va dans aucune direction, ni en avant, ni en arrière. Ce n'est pas le
temps circulaire du mythe. Ce n'est pas le temps de l'après?coup, qui donne une nouvelle signification à
l'apparition d'anciens événements. Le temps des " rêves-cauchemars " est un temps répétitif et statique:
un temps qui tourne en rond sur les mêmes thèmes et fantasmes et qui ne connaît pas d'évolution.
Aucune action ne peut être complétée, aucune action ne peut être reconnue comme ayant vraiment eu
lieu. La même action est agie de nouveau, et encore de nouveau, ou bien elle est suivie d'une autre
action, qui est apparemment son opposé, mais qui est en fait identique.
Mes interventions durant les séances se sont surtout concentrées sur la manière dont le temps se
manifestait dans les rêves.
L'apparition de l'image d'un " tueur doté de dignité " a énormément contribué à transformer le sentiment
de répétitivité de la série de meurtres entre Israéliens et Palestiniens. Une participante a raconté l'épisode
d'une femme enceinte qui, renonçant à son attitude passive, avait tué un gardien nazi. Un autre
participant a déclaré que la femme avait eu cette possibilité parce qu'elle était enceinte. La femme s'était
aperçue qu'elle tuait non seulement par haine, mais aussi pour une raison plus valable et universelle. Un
autre participant est alors intervenu pour parler des sentiments qu'il avait éprouvés récemment, quand il
était de garde la nuit, armé d'un pistolet, et que sa famille était en danger.
Dans certaines situations, celui qui empoigne une arme et même celui qui tue n'est pas simplement un
criminel, mais un " tueur doté de dignité ". Un " tueur doté de dignité " est très différent d'un " tueur
professionnel ". Un tueur ou un assassin professionnel, après avoir tué, reste propre, sans taches de
sang, bien en ordre ; cependant, quelque chose d'essentiel a été détruit en lui et dans sa victime. Un "
tueur doté de dignité " peut maintenir un peu d'honneur en lui-même et dans son ennemi. La partie
opposée d'un " tueur doté de dignité " n'est pas en effet un persécuteur ou une victime, mais un ennemi.
Avec un ennemi, on peut espérer faire la paix un jour, pas avec un persécuteur. Un " tueur doté de
dignité " peut accepter d'avoir tué. Les faits se produisent vraiment et sont enregistrés ; le temps avance,
il ne tourne pas en rond.
Atelier de Clarice Town
L'atelier de Clarice Town a utilisé un dispositif et a adopté une répartition du temps semblables à ceux de
l'atelier de Raissa. Il a été divisé en quatre séances.
Les participants étaient au nombre de vingt-cinq, tous membres d'une association qui regroupe des
psychothérapeutes ayant suivi une formation et qui adoptent une approche psychanalytique. Parmi les

membres de l'association, il existe toutefois des différences d'école et de courant théorique : certains
suivent la Psychologie du Soi, d'autres s'inspirent de la pensée de Melanie Klein, d'autres encore de
l'école de Tavistock. La décision de converger dans une seule association est due au nombre limité de
psychothérapeutes opérant à New Valdrade.
Je rapporterai un rêve qui a été raconté par une des fondatrices de l'association au cours de la deuxième
séance.
" Je faisais du jogging, je portais des shorts. J'étais beaucoup plus en forme que je ne l'étais depuis
longtemps, et peut-être même plus que je ne l'avais jamais été. Je me sentais plutôt sexy ". La narratrice
ajoute: " Même si ce rêve semble tout à fait personnel, je pense qu'il se réfère à notre association ".
De nombreux fantasmes émergent. Quelqu'un associe les " filles d'Ashcombie Road ", une rue de Clarice
Town célèbre pour ses cafés et les filles aux moeurs faciles. Un autre participant dit qu'au début, il y a
plusieurs années de cela, l'atmosphère de l'association était plus chaleureuse et qu'ils étaient tous plus
actifs. Une troisième personne parle des images et des états d'esprit que la nouvelle de l'arrivée
imminente d'un psychanalyste italien à Clarice Town a fait surgir en elle.
Le discours se poursuit uniquement entre les membres fondateurs. En écoutant leurs propos, j'ai
l'impression - qui s'avèrera juste par la suite - qu'ils sont en train de prendre une décision, sans se référer
toutefois explicitement à la question qui fait l'objet de la décision, ni au fait qu'ils sont en train de prendre
cette décision. Une des personnes qui fait partie du sous-groupe des membres fondateurs demande
soudain à une autre personne du même sous-groupe : " Tu te souviens de la période où les superviseurs
venaient d'Eudoxia? ".
Petit à petit, grâce à l'apport de quatre ou cinq personnes, toute l'histoire émerge. Il y a plusieurs
années, trois " psychanalystes didacticiens " venaient à Clarice Town une fois par mois pour faire des
supervisions, tenir des séminaires et, dans un certain sens, lancer l'association. Les psychanalystes
d'Eudoxia travaillaient et restaient à Clarice Town pendant le week-end, du vendredi au dimanche. Ils
avaient invité des jeunes femmes psychothérapeutes à dîner, puis à boire un drink. Quelque chose d'"
inapproprié ", de " pas tout à fait correct " s'était passé. L'affaire était ensuite passée sous silence, mais
les psychanalystes protagonistes de ce fâcheux épisode ne furent plus invités à venir d'Eudoxia.
Dès que la reconstitution de cette histoire est achevée, une femme - un des membres de l'association qui
n'appartient ni au sous-groupe des fondateurs, ni à celui des plus jeunes - intervient révoltée : "
Comment avez-vous pu ne pas nous dire tout cela pendant plus de dix ans !!!? ". Une autre : " Très bien !
Vous avez eu l'occasion de vous amuser, et nous alors ? " Un autre participant : " Je comprends
maintenant pourquoi la sexualité, et jusqu'au moindre signe d'un flirt ou d'une proximité physique entre
nous, ont été entièrement bannis de la vie de notre association" .
Indications méthodologiques et cliniques
a) Le rêve est doté d'un éclectisme extraordinaire, comme en témoigne le fait qu'il peut être utilisé - avec
d'excellents résultats - tant dans le cadre psychanalytique classique que dans le Social Dreaming.
b) Le rêve - comme l'indique Freud (1900) - est l'expression d'un désir (au sens individuel du terme).
Mais le rêve est également l'expression d'un désir (au sens collectif et visionnaire du terme) tel qu'il est
exprimé dans la phrase de Martin Luther King: " I had a dream... ".
Dans la pratique de la psychothérapie de groupe, il faut accorder une attention particulière à d'éventuels
conflits entre les rêves. Si le rêve est l'expression dynamique d'un désir qui a une portée sociale, le
membre d'un groupe peut craindre le rêve d'un autre participant parce que sa manifestation peut être
perçue comme un obstacle ou comme la négation d'un rêve qu'il n'est peut-être pas en mesure
d'exprimer lui-même.
On peut aussi envier le rêve d'un autre, et plus encore un rêve partagé par d'autres.
Une alternative à cette envie est le courage d'exprimer et de partager ses propres rêves (Lawrence,
2001a).
c) Les rêves sont " les habits de notre intimité " : ils permettent à nos pensées et à nos sentiments plus
profonds et tendres de sortir dans le monde et de rencontrer d'autres pensées, sentiments et personnes.
Cette intimité doit être respectée et acceptée.
Il existe des familles assez harmonieuses qui ont l'habitude de se raconter et de commenter les rêves, le
matin au petit déjeuner, surtout pendant les vacances ou les week-ends. Certains psychothérapeutes qui
travaillent avec les couples et les familles utilisent les rêves de manière semblable.
La méthode du Social Dreaming met en relief l'importance de raconter et de partager les rêves pour
favoriser l'établissement d'une bonne relation entre les membres d'un groupe. Je crois que, même dans
un cadre psychanalytique traditionnel, partager le récit d'un rêve de manière participative, avant de
l'interpréter ou de l'utiliser pour comprendre, peut contribuer considérablement à un bon " accordage " de
la relation entre le patient et le psychanalyste (Friedman, 1999).

d) Le compte-rendu de l'atelier de Raissa montre que comparer les " images conscientes " du conflit
entre Israéliens et Palestiniens à celles des rêves a été utile. Il serait peut-être intéressant de faire
quelque chose de semblable dans un cadre psychanalytique traditionnel.
e) A Clarice Town, un " élément inconnu ", qui avait émergé sous la forme d'un vague signal (le manque
de vivacité de la vie associative, qui avait motivé la demande d'organiser un atelier), est devenu petit à
petit plus connu par le biais d'un rêve et a ensuite pris la forme de " manque de vivacité = éloignement
total de la sexualité de la vie associative ".
L'idée que le rêve peut exercer une fonction de Problem Solving est déjà présente dans L'interprétation
des rêves. Dans une note ajoutée en 1925 (édit. fr. p. 431), Freud écrit : " Le rêve n'est, au fond, qu'une
forme particulière de pensée. [...] Le fait que le rêve cherche à résoudre les problèmes qui sont présentés
à notre vie mentale n'est pas plus étrange que le fait que notre vie inconsciente d'éveil cherche à
résoudre ces mêmes problèmes. Cela signifie simplement que cette activité se déploie aussi dans le
préconscient [...] ".
R. Tagliacozzo (1992) et J.L. Fosshage (1998 et 2001) ont mis en évidence que l'émergence d'une
nouvelle configuration dans un rêve peut indiquer que le rêveur est en train de créer un passage évolutif
dans l'analyse et dans sa vie.
Le Social Dreaming relance le discours sur la fonction cognitive du rêve, et notamment sur la fonction
cognitive du récit et du partage des rêves (Friedman, 2000 ; Bernabei, 2001).
f) Dans les séances de Social Dreaming, la signification d'un rêve pour le rêveur reste en arrière-plan
tandis que l'attention se concentre sur sa signification sociale.
Dans les séances de psychothérapie de groupe, les deux lectures du rêve ne s'excluent pas, elles
acquièrent au contraire une importance cognitive et une évidence émotionnelle grâce au lien de l'une
avec l'autre. La technique est elle aussi différente : il convient d'aller de la signification personnelle d'un
rêve (ou signification " de groupe ") à sa signification sociale, puis de nouveau dans l'autre sens. Ce
parcours de va-et-vient doit être effectué plusieurs fois. Toutefois, le Social Dreaming peut contribuer de
manière considérable à une meilleure compréhension de modes de fonctionnement du groupe qui peuvent
demeurer inexplorés, dans le contexte de la psychothérapie, à cause de l'engagement vis-à-vis de chaque
participant (Neri, 2001).
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